moutons

Revolution a la ratp. L’ecran d’affichage indique que le train qui devait arriver a 08h21 est retarde et en plus indique ou il est stoppe. Derniere chose a verifier, qu’il ne disparaisse pas! Si si ca arrive.
Bon ben c’est ce train plus le suivant qui sont retardes. Rien d’etonnant.
Preparation pour la guerre. Le quai est plein. Le train qui entre en gare est plein. Enfournement. Compression. L’humain est compressible. Je ne veux pas etre intime avec tous ces gens. Je les aime bien par defaut. Certaines avec plaisir. Mais pas pour y rester coller pendant une demi heure. En premier l’intime tiend trop chaud et ensuite je n’aime pas devoir fuir les regards en permanence. Et finalement le second train en retard finalement debloque arrive juste a la suite. C’est la question perpetuelle. Faut-il attendre le suivant? Aujourd’hui oui. Bon c’est pas non plus l’ideal et le paradis, mais c’est moins une compression cesarienne que le precedent.
Les gens ont sorti les blousons de ski. On va finir par se croire dans un telepherique en pleine vacances scolaires parisiennes. Encore une fois parisien. Ils sont les gens les plus sociaux, les plus calmes et les moins rebelles des Français. Mettez un marseillais ou un breton pendant une demi heure tous les matins et tous les soirs dans une grande caisse en metal, avec pleins d’autres gens au point de se toucher, fermez bien les fenetres et mettez le chauffage, secouez de temps en temps, arretez sans explication pendant 5 minutes. Vous m’appelez pour me dire.
Se rebeller! pour quoi faire? Gueuler! A qui? Boycotter! Et c’est quoi l’alternative? Au quotidien il ne s’agit que de raler. Le mouton bele. Le mouton suit. Le berger. Les autres moutons. Et s’il s’ecarte le chien le ramene dans le troupeau. il suit. Il bele. Mais le mouton ne refait pas le systeme. Il se laisse tondre.

Gare de lyon. Moment en suspend. Train arrete portes ouvertes. Nous nous regardons avec les gens restes sur le quai. Eux se demandant si en poussant un tout petit peu ils ne pourraient pas se glisser a l’interieur. Eux attendant que l’un de nous descende et laisse sa place. Rapaces a la petite semaine. Nous dedans rien a faire on y est. Rien qu’a esperer que ce train demarre enfin.

Les minutes defilent. Les kilometres pas du tout. La charmante voix enregistree que nous appelerons Catherine nous annonce que nous arrivons a chatelet. C’est chatelet ce tunnel tout noir? Tous les matins elle nous fait la meme blague. Rigolote! Gonflante.

Dos a la porte dans le metro. Face a moi une foule, le reste du wagon. Dois-je faire un discours? Dois-je dire quelquechose? Ils ne me regardent pas. Ils se regarde leur interieur pour ne pas regarder l’exterieur des autres, mon exterieur.

Une jeune fille est accoupie dos au mur. Manque deux strapontins arraches. Au dessus d’elle un poeme ratp ‘amour fou’ s’est pris un gros tas bien gros et bien noir en pleine poire. Quelqu’un s’est fait plaquer.

Une femme avec un masque de chirurgien. On commence a en voir. Pas seulement sur les japonais. Ca fait peur. Ca designe la personne malade. La personne dangereuse. La contaminatrice. C’est le contraire. Il faut la feliciter. Elle nous protege.

Un homme est enferme dans son anorak noir, replie sur lui meme. Jambes croisees. Bras croises. Mains sous les aisselles. Capuche rabattue sur les yeux. Col roule jusque sous le nez. Il dort dans son lit. Il n’a pas encore quitte la douce chaleur protectrice de son lit.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :