greve, lenteur et introspection

Aaaaaah! Reveil. Radio. Bonjour greve surprise sur le rer A suite a l’agression d’un conducteur sncf hier. Perturbation sur le rer A. J’ai envie d’expliquer a ces journalistes qui se deplacent en taxi (ils pourraient en faire une chronique) que le rer A est en 2 parties. C’est bizarre presque amazing mais c’est une realite intangible. Et si c’est la sncf qui est en greve c’est sur la partie sncf. Mais bon je sais aussi que ce sera le bordel sur la partie ratp. Plus que d’habitude? C’est la question. Mais peu importe puisque je prendrai ce train et tous les autres. Parce que je vais travailler. Parce que je dois travailler. Et pour servir le discours a la mode, parce je participe a la protection de l’environnement.

Gerard 45 ans. Crane degarni. Quelques cheveux epars. Lunettes un peu lourdes. Gerard s’endort doucement assis confit dans son petit pull gris et son gros manteau de ski par dessus son costume gris a fine rayures grises, les bras sur son sac d’ordinateur, la machoire autonome sur son chewing gum. Le visage dort. La machoire mache. La tete tombe. La machoire mache.

Le train ne bringuebale pas trop aujourd’hui il ne bouge plus. Obeissant au gentil conducteur qui nous demande de patienter, nous gentils moutons, patientons. Janis joplin chante easy rider dans mon casque et je me vois sur le periph sous la pluie fine et bretonne sur ma harley vrombissante faire le con en attente entre un scenic et une mini.

Gerard s’est pris la tete entre les mains et le doigt dans le nez.

A la fois chaperon rouge et boucle d’or, marika, se tient bien droite sur son siege. Icône pensive. Lumiere douce. Au chaud avec son gros pull en grosse laine blanche. Mince! Foutu! L’icone lumineuse descend. Elle nous abandonne a notre triste et gris sort.

Le haut parleur du wagon crachotte et j’ai du mal a comprendre ce qu’il dit. J’enleve mes ecouteurs. C’est, charles, a mes pieds, qui se mouche.

Plaisir simple. Laisser sa place. Surtout si on en a pas besoin. Sourires. Sentiment d’etre humain. Social positif. Malgre la merde ne pas etre une bete.

Gisele qui lit 20 minutes est partie loin. Freinage. Pas de prise. Surprise. Elle est alle voir francoise de plus pres. Sur un coup de tete.

Les tunnels sont longs lorsqu’on les parcourt tres tres lentement. Tres tres longs.

La ratp favorise la culture, l’augmentation du savoir et l’introspection. Elle nous impose/offre une parenthese avec nous meme. Le probleme est que nous ne sommes pas seuls.

Si d’aucuns s’etonnent de la longueur de ces chroniques, comme j’ai pu le voir sur d’autres blogs, le trajet est long. Certains matins tres tres long.

08:51
Est-ce que l’assemblage de petits ‘veuillez patienter’ gentils vaut un incident majeur?

Jeanne ne sait pas qu’il fait moins froid. Bonnet motif aigles. Blanc noir marron. Echarpe polaire bordeau pale. Manteau de ski. Gants aux mains elle lit metro.
Eric non plus apparemment. Bonnet mix peruvien chapka avec les pompons jusqu’en bas. Echarpe lache autour du cou, noue methode je plie en deux et je passe dedans. Il complete sa panoplie trappeur parisien avec une fine barbe blonde de jeunesse. Un creatif qui tient ses idees au chaud. Un simple conscient qui protege son esprit faible. G-STAR RAW etait ecrit sur le dos de son blouson.

09:02
Je m’assoie. Strapontin. Mais ca tient bien les fesses et j’ai de la place pour mes jambes.
Rigolo. Je suis a la hauteur du lapin qui se met les doigts dans la porte. Je me rappelle encore l’avoir dechiffre alors que j’apprenais a lire. Souvenir. Prise de conscience des langues.

Un cowboy noir en survet adidas porte son grand chapeau a fin lisere de cuir avec quelque elegance.

Un couple de vieux entre et s’assoie sur des strapontins brinquebalands. Elle a le visage ouvert. Souriant. Il a le visage ferme. Tout en dedans. Les yeux tristes. Elle a une capuche. En dessous un foulard. Il l’accompagne chez le medecin. Elle ne voulait pas. Elle pouvait le faire seule. Elle ne voulait pas le deranger. Elle est contente qu’il soit la. Elle a un cancer. Cela le rend triste. Ils vont a sa seconde chimio. Elle a accepte. Elle a confiance en elle. Elle n’a pas peur de mourir. Devant ses yeux souriants elle fait defiler sa vie. Une belle vie. Elle veut bien continuer. Avec lui son amour. Mais elle peut mourir sans regret.

Une Réponse to “greve, lenteur et introspection”

  1. Fabien Says:

    Je suis terriblement ému par la fin de l’histoire.

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