Pluie, patience, oreille et spectacle.

Une pluie fine recouvre les corps qui se mouvent dans la nuit. Une pluie froide. Un pluie glaciale. Du gris emerge la lumiere blafarde de l’entree du rer. Chaleur. L’espoir de chaleur est grand. J’ai oublie mes gants.

08:20
Difficile de taper sur ce petit clavier avec le bout des doigts geles.
Nous sommes arretes entre deux gares attendant un petit et hypothetique ‘merci de patienter’ d’un chauffeur la voix un peu blasee, qui ne vient pas. C’est une voix femine et claire qui lance dans les hauts parleurs ‘Attention s’il vous plait je vous demande quelques instants de patience.’ ca ne nous fait pas avancer plus vite, mais c’est plus sympathique. Nous sommes entre de bonnes mains. Si elle parle comme ca aux gestionnaires des files d’attente de trains sur les voies entre deux gares, on va nous faire passer devant.

Charles serre les levres quand il lit. Son visage rond s’avance. Ses yeux sous des paupieres un peu lourdes se plissent. Ses lunettes remontent et sa tete s’abaisse vers les petits caracteres des Echos.
D’un coup il replie le tout et se met en position de repos. Le cerveau a lache! Non rassurez-vous. Il se deplie et reprend sa lecture.

Je plonge dans les oreilles de jacques. Assis devant moi, de profil donc, il s’offre a mes yeux et me devoile sans pudeur cette oreille droite surmontee d’une epaisse chevelure et d’n chapeau noir avec un ruban noir brillant. Elle est profonde. Tortueuse. Recouverte de poils pas eparts du tout. Une touffe s’echappe comme venu du trefond du tympan pour s’aerer le bulbe et profiter du shampoing matinal. Un gazon recouvre le pli au dessus du lobe. Inconsciemment jacques se protege du trop de bruit. Sa moustache le protege du trop d’odeur.

Catherine, la voix charmante qui annonce les gares, s’est encore fait avoir. Chatelet les halles. Et hop le train facetieux a deja stoppe dans le tunnel.

Spectacle a voir. Le passage d’un troupeau entre le B et le A sur le meme quai a chatelet. Il se croise avec celui qui sort du A et qui remonte par l’escalator. Sans heurts. Sans cri. Un peu de stress. Un peu d’exasperation. Beaucoup de fluidite.

Un charmant chaperon rouge devant moi se debat, se faufile elegamment entre les voyageurs presses.
Je ne vois que son chapeau et son collier et son pardessus rouge et ses fines bottes noires.

Paradoxe. Un homme straponti dans une rame pleine. Le meme homme debout dans une rame vide. Il a voulu se detendre les jambes.

09:06
Je pourrais reprendre le bout de texte du debut sur l’arret du train. Mais la, nous sommes en gare. Petit pari sur le message. Attente ou veuillez tous descendre? Petit pari sur la voix du conducteur.
Homme rigolo ou femme lasse. Finalement c’est seulement la sonnerie de fermeture des portes qui nous annoncera que nous repartons. Ni rigolote ni lasse.

Étiquettes : , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :