Archive for février 2009

1 seconde de perdue= du retard sur la ligne. je suis d’accord.

20 février 2009

Vacances! Vacances! Les miennes. Je vais participer au bonheur de ceux qui restent ou reviennent. Ils pourront occuper mon espace vital. Gloire a moi. Gloire a eux. Forcats de la Raison Arretee le Temps du Parcours.

08:26
Train plein. Train a l’arret. Le train ne repart pas et continue de se gonfler de nouveaux voyageurs. Je ne monte pas. Je parie sur le suivant. 2 minutes. Train a l’approche. Vais-je gagner mon pari? Vais-je vaincre le systeme? Vacuite infinie de l’orgueil humain. Et il arrive. Et il n’est pas plein. Et il y a plein de places assises. La journee commence. Il ne repart pas. Il attend.

08:31
Depart. Roule jusqu’à la prochaine gare. Roule. Roule.

08:33
Maryse a coince son cabas blanc MissTic entre son bras et ses cuisses. Sous l’autre bras un magazine roule. Le bulletin du val de marne. Ils doivent surement parler de la fusillade et de l’arrestation de l’A86. Dans ses main un gros livre de poche de Ken Follett, les piliers de la terre. Maryse est assise sur son siege. Un peu affaissee meme. Elle a l’air de soutenir un des piliers de la terre tellement elle est enfoncee dans son siege.

Jean est noir. Blanc de peau et noir du reste. Cheveux. Pull. Manteau. Veste. Chaussure. Ah! Loupe de ma part. Le jean est bleu jean. Son sac sigle BearingPoint donne une fine touche de rouge a l’ensemble.

08:49
Je suis fatigue. Je ne sais jamais si la fatigue est reelle et entiere ou si elle est due en partie au fait que je suis en vacances ce soir. Je crois que plus on approche des vacances plus on a envie d’y etre et plus on se fatigue.

Sur la porte, sur la vitre, un gros autocollant rond multicolore arc en ciel, nous invite au civisme. 1 seconde perdue en station = du retard sur la ligne. Un battement de mes ailes peut… A des repercussions importantes que je ne soupconne pas. Mais rien ne m’indique si, moi, je perds une seconde en station. Ni comment le savoir. Ni comment le corriger. D’autres autocollants fleuris depuis quelques jours sont plus didactiques. Au signal sonore, je m’eloigne des portes. Preparer ma sortie facilite ma descente. Mais ce premier m’intrigue, voir m’interpelle. Le ‘preparer ma sortie’ aussi. Essayer de preparer votre sortie quand vous tenez tout seul serre par la masse compacte des moutons belants. Essayez de preparer votre sortie quand autour de vous des touristes etrangers, voir provinciaux, encombrent les couloirs de leur bonne humeur et de leurs valises. Ce sont des conseils pour les heures creuses. Quand il est possible de bouger son petit doigt sans curer le nez de son voisin.
Pour la seconde, je n’ai vu et je ne suis pas partout, aucun chronometre m’indiquer le temps de descente. Que puis-je faire? Aller plus vite. Et vous croyez qu’avec plus d’une heure de trajet, je flane, je deambule bucolique et distrait, alors qu’une seconde de retard peut me faire perdre un quart d’heure sur le prochain train, alors que je viens d’en perdre 360 comme me le conseille le gentil chauffeur qui me demande de patienter alors que la valise de mon voisin s’enfonce dans mon tibia et que je me respire l’haleine de fumeur de l’autre. Des secondes j’en ai perdu un paquet. Je suis bucolique parfois. Je suis bucolique a perdre une seconde quand tout va bien. Quand je me sens bien. Quand il n’y a personne. Ca vous direz a vous de rester 1 seconde de plus colle ostensiblement a une masse chaude et compacte. Bon parfois une brebis egaree peut changer le point de vue.
Justement je laisse ma place pour aller bucoler ailleurs et ca me coute suffisament cher de devoir bucoler ailleurs parce que je ne peux et ne veut bucoler sous terre.
Allez je m’enerve. Fermeture. Retour le 2 mars. Meme heure. Meme peine. Les poumons pleins d’air pur.

tout corps plonge dans un liquide subit une poussee equivalente.

19 février 2009

08:27
Debout dans l’allee, un peu a milieu, nous sommes deux. Lui et moi. Il s’etale avec son journal. Je ne cede pas. Mais jusqu’ou? Brinquebale par le train, le contact physique s’etablit de temps en temps. Chaud et desagreable a travers nos manteaux d’hiver. J’etais la avant. Il y a plein de place dans l’allee. Il est facile pour moi de me decaler. Il est facile pour lui de se decaler. L’arrivee dans la gare suivante va surement resoudre la situation.

08:33
Il est assis. Je suis seul debout. Je deviens paranoiaque. Fin de crise dans le microcosme metropolitain.

Jeanne et Benedicte ont sorti leurs livres. Modiano pour Jeanne. Un livre recouvert d’un papier jaune vert pour Benedicte. Mais les copines discutent et papotent. Jeanne pose son livre et sort sa creme pour les mains tout en continuant a deviser. Eurythmics dans les oreilles ne me permet pas d’entendre. Elle presse le tube sur le dos de la main gauche, le referme de la main droite. Clap. Se frotte les mains partout partout. Elle sort son iphone coque pour verifier les messages. Sourit a la photo de sa fille. Pas d’arret dans la discussion. Finalement elles ouvrent leur livre et commencent a lire.

08:47
Devant Bernadette marche. Sur ce quai, ses chevilles fines semblent vouloir se briser a chaque pas.

Sur la plate-forme, Georges est emmitoufle dans son gros blouson noir. Sur son cœur un ecusson ‘authentic since 1983′. Qu’est-ce qui est authentic? Lui ou son blouson? Si c’est lui, ca veut dire qu’il n’a pas evolue ou qu’il n’a pas eu recourt a la chirurgie esthetique? Que de questions de si bon matin.

Au passage la semaine prochaine je serais a l’oppose du cocon souterrain parisien. Et pas de metro, pas de chroniques metropolitaines. 5 jours.

08:57
Dernier troncon de mon trajet. Les gens sont calmes. Apaises par l’espace. Apaises par les trains a l’heure. Les yeux plonges dans leur livre ou leur magazine. Les ecouteurs plonges dans leur oreilles. Les oreilles plongees dans la musique. Le corps plonge dans Paris. L’esprit plonge ailleurs. En attendant de se plonger dans leur travail.

A une plateforme de la, denis est plonge dans son rubics cube. Il tourne tourne tourne. Reflechit un peu. Sous les yeux fixe dans Jean.