maigre et hautaine, elle navigue fluide dans les couloirs de metro

07:20
Un petit courant d’air dans le cou, nous attendons le train a l’approche. Chacun se met en position devant sa porte future. Celle qui s’ouvrira devant lui.
Des personnes sont deja debout. Aucune place vide. Je note d’arriver sur le train d’avant. Pas le courage d’attendre le suivant.

Bizarre, jeanne assise pres de la fenetre est assise de travers. Pas au fond de son fauteuil. Du coup, hubert son voisin cote couloir est de travers aussi et deborde sur le couloir. Il est soudain gene par corinne qui s’installe devant lui. Il leve le nez de son journal, la regarde, regarde ses jambes, et juge que ca tient. Status quo jusqu’au prochain changement.

Paul bonnet noir sur la tete emmitoufle dans un anorak polaire, ecoute d’un regard amuse ses deux voisines, fabienne et noemie, qui discute cote a cote avec force gestes derriere leurs lunettes. A cote de lui, jeanne bras croise ferme les yeux plongee dans son lit sous sa couette.

Jeanne descend a nation. Son voisin de face aussi. Du coup corinne et une autre dame peuvent s’asseoir. Et hubert peut continuer a deborder sur le couloir.
Corinne ouvre de grand yeux sur le vide. Balayage blond soleil. Peau ripolinee de rose. Contour des yeux noir. Elle semble flotter. Ailleurs.

A cote de moi dans le couloir, julie regarde un film sur la psp blanche de son fils. Le pauvre. En plus d’avoir ete puni de console pour ses mauvaises notes, il se la voit piquer par sa propre mere. Tu quoque mater.

A chatelet je croise un geant gothique monte sur une paire de bottes rouge sang. Sa mere trottine a son cote. Elle lui arrive sous l’epaule. Sans etre frele elle parait ridicule et fragile. Ils rigolent ensemble.

Dans un petit escalier, deux personnes de large, nous montons en file indienne colles a droite comme le veut la tradition francaise. Plus personne a la descente. Moi et une autre dame nous tentons de doubler. Nous sommes arretes dans notre elan par la vision encombrante d’une boule jaune qui commence a devaler les escaliers. Repli strategique a droite.

Straponte sur le carre dos mur. Face a moi, trois lecteurs de direct matin et une lectrice de notes. Pour les trois c’est un peu comme une radio, tout le monde lit la meme chose en meme temps. Avidemment en articulant. Negligemment en ecoutant de la musique le nez leve plus que plonge. Endormi en relisant la meme ligne 4 fois.

‘moi j’ai trouve mon point G’. La gironde fait sa pub et de l’humour erotique. Je me demande ce qu’en pense juppe.

Devant moi, brigitte fluide, navigue dans les couloirs, maigre et aussi hautaine que Total. Petits gants noirs. Echarpe burberry. Reine de la piste.
Elle s’en va, riche de ses certitudes et de son argent, virer quelques pauvres travailleurs qui se levent tot.

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