je descends a Chatelet derriere un gros bonbon rose

07:36
Alors que je chauffe mes petits doigts engourdis par la fraicheur de ce debut de mai, sur le quai, un gros bonbon rose passe doucement dans mon champ de vision. Il va s’asseoir sur un siege plastique moule. Mais pourquoi ce sac a dos noir?

Dans le train. Sous mes yeux, une autre Claude se maquille. Denise et Jeanne, assises face a face, se regarde dans le vide. Beatrice lit un portrait de Natacha Amal. Sa voisine, Catherine revise ses cours ecrits tout petit petit sur un cahier a grands carreaux.

07:42
Train de descente a Vincennes. Petit flux de montee. Assis. Sac sur les genoux.

Carole, pull col roule blanc sous une veste de tissu froisse noir, laisse ses cheveux frisotes balayes blond entourer delicatement son visage, un peu hale, concentre sur un livre acoque dur sur lequel elle pose une main delicate pleine de doigts manucures chez son ami Veronique et suit d’un index un peu scolaire la vie trepidante de Germaine l’heroine, une femme forte pas comme elle, Carole, avec ses petits genoux serres de timidite l’un contre l’autre dans un jean noir un peu moulant.

07:50
Gare de lyon. Je remarque l’enseigne du ‘petit casino‘ dit le panier frais. Faire ses courses dans le metro, tout le monde y avait pense, Casino l’a fait.

Mon nouveau voisin, grande masse en costume, tient dans sa grande main massive, un petit poche ‘god save ls francaise’.

Je sors a chatelet avec le bonbon rose devant moi.

07:58
Charles lit l’histoire de Viguier dans un canard en rouge et noir de type Detective.

Sur les murs d’Odeon, Beyonce met sa maitrise du tempo a l’epreuve. J’aimerais connaître son score. Repere dans une societe en perte de rythme. Pace pour tous.

08:07
Au plafond du wagon, un vieil homme prie, les mains sous le nez, pour que je n’achete pas son cafe mexicain par pitie, mais parce qu’il est bon. Pas de probleme je ne bois pas de cafe. Blague. Mais peut-il prouver qu’aucun mexicain grippe A n’a tousse dans ce cafe? Mauvaise blague.
Si j’achetais du cafe par pitie, je commencerais bien mal mes journees par un gout degueulasse. Ce serait plus que de la pitie. Du sacrifice. Mais il va bien falloir que j’achete un premier paquet pour gouter. Et ce premier paquet je l’aurais achete par qu’un vieux paysan mexicain m’aura fait pitie perche au toit de mon wagon en train de me prier de ne pas avoir pitie.

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