De Mauresmo a Charlotte Gainsbourg

08:29
Ambiance louisiane. Le temps est suspendu. Lourd. Nous attendons les orages de cet apres midi.
Apres un week end de 4 jours, a la chaleur estivale, il est dur de se replonger dans les miasmes metropolitains. Les odeurs seront fortes aujourd’hui. De Paul sans deodorant a la tranpiration abondante qui nous rappelle les salles de sport mal aerees, a Jeanne, debordante de Tresor WC qui nous fera tourner la tete.

VAlerie, petite et canne multicolore a la main, arpente lentement le quai dans l’attente d’un train.

Un double! Je monte avec allegresse les marches dans une ambiance aeree et climatisee. Je m’asseois devant une belle plante en train de se maquiller, son materiel tout petit etalee sur ces genoux. Grande robe aeree marrons mettant a nu ses bras fins. La journee s’annonce belle. A cote d’elle, Jacques, bouc en avant et crane rase, petit polo bleu mer serre sur ses biceps lui explique son travail de reporter pour l’education nationale. La plante replie sa trousse a outils dans un minuscule sac de cuir marron use et rentre dans un silence mutique juste couvert par le bruit du train.
Ensemble ou pas? Je ne sais pas. La conversation n’est pas assez intime pour qu’ils soient amis, mais trop poussee pour qu’elle est demarree 5 minutes avant seulement. Dilemme inutile de l’observateur quotidien. Ils descendent ensemble a Nation.

08:44
Cette ambiance climatisee est un vrai regal. Rien ne pue. Rien ne coule. La perspective de la journee a basculee d’un coup. Nous sommes passes de Mauresmo a charlotte gainsbourg en une seconde.

08:49
Le train arrive a gare de lyon et je domine le quai d’une hauteur nouvelle. Ca monte sans exces. L’ete a bien commence. Les signes sont formels. Les femmes ont sorti de leur placard naphtaliques sandales et debardeurs. Parfois amples parfois moulants toujours affriolants.

09:00
Ligne 4. Retour a l’etuve. A quand la clim dans tous les trains. Pas ecologique parait-il? A voir dans sa globalite… Agreable. C’est sur.

Devant moi, Charles, tout en noir. Costume. Chemise. Cravate. Cheveux. Ecouteurs. Tronche. Seules ses chaussures mal cirees apporte une touche grise.

Au loin, Georges, grande masse un peu perdue, engonce dans un pardessus rouge orange. J’entends d’ici les gouttes de sueur glisser sous ses aisselles et finir leur course a la ceinture ou tout s’emmele.

09:11
Karl, la cinquantaine, est assis sur son strapontin et s’endort doucement, tshirt rouge et veste blanche plastique HH. Sur ses genoux shortes, un sac noir. A ses pieds basketes Kalenji, un grand sac bleu. Entre les deux, deux immenses mollets. Quel sport peut donner des mollets aussi gros? Le haut est fin. Je penche pour le velo.

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