Je sens respirer la foule et ses mouvements intimes.

08:21
Du quai les visages defilent.
Du train les tunnels s’enfilent

Ca claque du talon sur ma droite. Et puis ca s’arrete. Une double voix monte avec des rires. A ma gauche les bruits de blocs s’entrechoquent avec les cris sourds des ouvriers. Les pas legers defilent. Le souffle et le sifflement augmentent. un long glissement maintenant.

08:25
Laure regarde le paysage qui defilent de ses yeux endormis sous un maquillage leger mais net. Son iphone a la main pose sur son grand sac rose, elle se laisse bercer par une musique lente qui va bien aux immeubles aux ponts aux rues aux trains qui passent. Sa longue criniere fauve qu’elle a encore mis 1h a coiffer ce matin lui ondule le dos. Elle est fiere de cette masse. Elle fait partie d’elle. Une fois sa mere avait parle de la couper. Pour qu’elle repousse plus belle ma cherie. Pour qu’elle retrouve son energie. Elle avait refuse net. Qui aurait parle de lui couper un main? Surement pas sa mere. Alors elle avait dit non. Non pour amputer. Non pour diminuer. De toute maniere elle l’avait coupe un jour. Obligee. Operation sur le crane. Le chirurgien n’avait pas trop laisse le choix. Aucun choix. Et ca avait repousse. Une seule photo restait de cette inconnue a sa place. Laure avait disparu quelques mois. Parenthese. Et elle etait revenue. Elle meme criniere au vent.

08:35
Sur le quai de gare de lyon, lise attend son train, les bras croises dans son costume a croisillons.

Carole s’endort, bercee, un casque rose de cycliste sur les genoux, a cote de ses lunettes pendues a son cou.

08:42
Greve legere. Pas pour les galeres du B. Pauvre B si syndique. 60% du trafic. Comptez vous cheminots! Je prends 10 et je retiens 12. Je multiplie par 57 et on obtient 59,8%? Mets leur 60, cocotte. Sinon ca rentre pas.

08:53
La pression ligne 4 se relache et je peux reprendre ma chronique.

2 tourites japonais regardent leurs montres, accroches a leurs billets de train plies et a l’heure qui tourne. Je parie pour Montparnasse.
Gagne.

09:00
Je traverse la foule. Aujourd’hui je la vois claire. Semees de visages que je devisagent.
Parfois je la traverse roi du monde et tous me regardent et tous s’ecartent.
Parfois je la traverse a l’envers. Je butte. Je m’arrete. J’attends et je contourne. Je ne fais pas partie de la foule.
Parfois je la traverse fluide. Liquide se jouant des obstacles. Je la sens battre et je vois, Neo, ses mouvements intimes, dans un ralenti poetique. Rapide, je me glisse dans ces creux millimetriques.

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