Posts Tagged ‘cafe’

je descends a Chatelet derriere un gros bonbon rose

6 mai 2009

07:36
Alors que je chauffe mes petits doigts engourdis par la fraicheur de ce debut de mai, sur le quai, un gros bonbon rose passe doucement dans mon champ de vision. Il va s’asseoir sur un siege plastique moule. Mais pourquoi ce sac a dos noir?

Dans le train. Sous mes yeux, une autre Claude se maquille. Denise et Jeanne, assises face a face, se regarde dans le vide. Beatrice lit un portrait de Natacha Amal. Sa voisine, Catherine revise ses cours ecrits tout petit petit sur un cahier a grands carreaux.

07:42
Train de descente a Vincennes. Petit flux de montee. Assis. Sac sur les genoux.

Carole, pull col roule blanc sous une veste de tissu froisse noir, laisse ses cheveux frisotes balayes blond entourer delicatement son visage, un peu hale, concentre sur un livre acoque dur sur lequel elle pose une main delicate pleine de doigts manucures chez son ami Veronique et suit d’un index un peu scolaire la vie trepidante de Germaine l’heroine, une femme forte pas comme elle, Carole, avec ses petits genoux serres de timidite l’un contre l’autre dans un jean noir un peu moulant.

07:50
Gare de lyon. Je remarque l’enseigne du ‘petit casino‘ dit le panier frais. Faire ses courses dans le metro, tout le monde y avait pense, Casino l’a fait.

Mon nouveau voisin, grande masse en costume, tient dans sa grande main massive, un petit poche ‘god save ls francaise’.

Je sors a chatelet avec le bonbon rose devant moi.

07:58
Charles lit l’histoire de Viguier dans un canard en rouge et noir de type Detective.

Sur les murs d’Odeon, Beyonce met sa maitrise du tempo a l’epreuve. J’aimerais connaître son score. Repere dans une societe en perte de rythme. Pace pour tous.

08:07
Au plafond du wagon, un vieil homme prie, les mains sous le nez, pour que je n’achete pas son cafe mexicain par pitie, mais parce qu’il est bon. Pas de probleme je ne bois pas de cafe. Blague. Mais peut-il prouver qu’aucun mexicain grippe A n’a tousse dans ce cafe? Mauvaise blague.
Si j’achetais du cafe par pitie, je commencerais bien mal mes journees par un gout degueulasse. Ce serait plus que de la pitie. Du sacrifice. Mais il va bien falloir que j’achete un premier paquet pour gouter. Et ce premier paquet je l’aurais achete par qu’un vieux paysan mexicain m’aura fait pitie perche au toit de mon wagon en train de me prier de ne pas avoir pitie.

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The Boss dans les Koss. Fort!

9 avril 2009

08:13
Hubert assis, le coude pose sur le rebord de fenetre, la joue calee sur la main, l’autre bras pendant, regarde, la bouche ouverte, la levre inferieure pendante, le petit manege de Fabienne et Luc, qui fouille partout, pour finalement sortir un reste de paquet de mouchoirs papier.

Papier face a nouvelles technos. Le match est terrible. A gauche Julie et Paul, poche en main. A droite, noemie avec sa nintendo ds et Brice, telephone multimedia sous le pouce. Ils ont l’air aussi concentres et absents ailleurs. Egalite.

08:20
Je m’asseois. Face a Sabine. Blancheur a la naissance des cheveux. Nez fin. Orne d’une magnifique excroissance. Je dirai un bouton. Mais un dermatologue de passage trouverait une autre denomination. Fatigue dans les yeux.

Coup d’oeil a Luc qui se regarde dans la vitre, un moment glace dans un tunnel. Il passe sa main sur ses epis geles. Il a l’air content.

Sabine secoue la tete de gauche a droite. Je ne peux voir le sujet de sa denegation. Interieur.

08:26
Le train glisse le long de gare de lyon. A cote d’un gilet jaune, un pantalon de survet vert se rapproche de la porte. Ils iraient bien ensemble.

08:33
Sur le quai face a moi, un trou dans le mur! Une mer dans le trou. Un bateau sur la mer. Besoin d’un cafe.

Carole, jeune fille a pantalon pat def violet. Une plante pousse dans son dos! Besoin d’un second cafe.

Comme ils ne vendent pas cafe dans la rame, dommage, je decide de fermer les yeux et de me laisser bercer par Bruce Springsteen. The boss dans les koss. Fort.

En face de moi, Damien fait de meme. Il ferme les yeux. Blouson de cuir sur survet a capuche. La capuche n’est pas sur sa tete. Heureusement parce que sinon il se faisait pecho par alliot-marie. Et je ne vous parle pas s’il avait eu une cagoule.

08:45
Quai. Arrive du train. Ouverture des portes. Un carre vide. Course categorie feminine vers l’espace. L’eden. 3 par la porte droite. Deux par la gauche. Une ennemi. Chaise musicale. Aucun regard. Aucun mot. Remplissage. Assayage. Sourires. Interieur! Deception de la 5e qui n’avait pas trop l’air d’y croire. Elle reste debout a cote d’un strapontin vide. Espoir.