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Le RER B c’est pire, meme sans handicapes

12 février 2009

Bonjour, bonjour, retour a la normale. Je suis de retour sur le quai, comme tous les matins, la batterie chargee a bloc, les doigts crepitants sur le clavier.
Ben c’est utile. Je suis coince bien sardine et c’est un peu difficile. La gare suivante approche avec encore plus de moutons a caser.
Je suis de retour faufile dans une allee. De ma hauteur toute relative je vois Jacques et son livre de 2kg sur la strategie, jeune dans une tenue de vieux, enthousiaste en lisant l’introduction pourtant ecrite en tout petits caracteres. Je vois Dominique qui remplit avec pensivite son cahier d’exercice en se maudissant de ne pas l’avoir fait plus tot parce que la vraiment je n’y comprends rien de rien et je ne sais pas quelle excuse je vais inventer. Je vois aussi Jeanne qui finit rapidement son sudoku 81 cases mais qui butent sur les dernieres. Et je vois en face d’elle Pauline toute calme dans son grand manteau noir qui ecoute consciencieusement sa musique sur son lecteur mp3.
Je vois les sieges-murs de Nation defiler son mon nez endormi, alors que Jeanne sans me prevenir commence une nouvelle grille niveau 6. A-t-elle fini la precedente?
Je vois sur le quai les voyageurs oublies le visage serres d’etre encore la alors que des personnes a un moment derriere elles sont a ce moment dans le train. Dans leur yeux fatigues je vois la lassitude et la resignation source de patience et de … colere.
Ils ont vite disparu. Je les ai abandonne sans crainte. Sur qu’ils retrouveraient leur chemin et sans rancune reviendraient demain tenter a nouveau leur chance.
Je suis sur le quai de la B. Moi prisonnier de la A ce matin je change, je m’emancipe, j’essaie. Et c’est rate. Je suis sur le quai devant… Plutot derriere une foule compacte qui est devant un train plein dans lequel ils ne pourront monter. Le train repart lentement. Pas de message d’explication. Mais un message pour l’interdiction de fumer. Meme de rage?

08:57
Toujours a chatelet. Je dois aller a laplace et le premier train qui semble possible n’y va pas. Que faire? Que decider? Toujours decider alors que je voudrais juste m’asseoir devant un petit cafe.

09:00
Petit conseil a la Reine de l’Attentis Temporis Parisien. Ne pas diffuser de messages abscons sur l’3nterdiction de fumer alors que je laisse passer un cinquieme train sans jamais avoir entendu un seul message d’explication. Ca enerve!
Le train arrive. Je me fais anguille et me laisse porter par le flot. Je flotte je vole. Et de statut de paria sur un quai je deviens assis privilegie. Bon c’est plus agreable mais ca ne fait pas bouger le train.

09:06
Le train est toujours a quai. Le haut parleur s’active d’une voix feminine. ‘Veuillez patienter. Le train repartira lorsque les agents auront installe la plate-forme pour faire monter une personne handicapee en fauteuil‘. C’est la premiere fois que j’entends ce message. Les gens se regardent. Personne ne s’enerve. Pas une remarque desobligeante. Un souffle d’humanite. Revelation flagrante que rien n’ai fait pour eux par la Reine des Ames Tres Proches.

09:16
Le train est plus agreable apres denfert.

Nous sommes tous pareils. cultivons nos differences.

5 février 2009

Georges engonce dans un immense manteau regarde du bout de ses petits doigts gras un film sur un ecran miniscule.

2 femmes russes discutent devant moi. Russe parce que mon niveau de russe ne me permet pas de distinguer le lituanien, du hongrois ou du serbo-croate.

Je decide de dormir. Oui on peut dormir. En tout cas moi j’ai la chance de pouvoir.

Retour sur le quai de la ligne 4. Devant moi et je pourrais dire autour de moi passe sans cesse une italienne qui explique quelquechose a quelqu’un au telephone. Ses allers retours semblent compulsifs. En me posant la, je les ais momentanement bloques. Mais ils ont vite repris. En attendant sagement que les trains successifs degage le quai de cette bergerie, je la regarde aller de plus en plus loin. Je pense que si on l’attachait a une chaise elle ne pourrait plus parler.

Oh oh. La laniere de mon sac pose au sol vient de se coincer dans le bas de la porte. Je sens que je vais devoir demonter la porte. Finalement non, cette derniere apeuree au prochain arret me l’a laisse.

Debout contre la porte je regarde cette assemblee disparate d’humains travailleurs. Comme disait Bruno Salomone, ‘nous sommes tous pareils. Cultivons nos differences.

Le quai. Le train. Les portes ouvertes. Hesitation. Sonnerie. Une place sur la porte a gauche. Je cours. Je vole. Reste a atterrir. Pardon. Pardon. Excusez-moi. Je me pose entre deux. Schlaaaak. Les portes glissent dans mon dos. J’y suis. Victoire. J’ai gagne 2 minutes.

Ils sont trois. En file indienne. Regardant le dos de l’autre. Fils blancs coulant des oreilles. Effluves de sons debordant l’appareil. Ils sont seuls. Ils sont ailleurs. Ils sont la. Au milieu d’une foule.