Posts Tagged ‘escalier’

Elle arrete sa vibration interieure d’un petit coup de pouce.

29 avril 2009

08:24
Paul, roux chauve, a eu de la chance. Claire lui a laisse son strapontin. Il est assis a cote de Jeanne qui lit son journal. Paul a des bequilles et la jambe gauche dans une attelle. Jeanne est enceinte.

Valerie, petit oisillon chataigne au nez crochu est assise au pied de son homme. Enfin je pense, comme il lui passe la main dans les cheveux.

08:31
Sabine, longue chevelure tourbillonante, bat de sa main taquine la mesure lente.

Fabienne est efficace, les mains croisees sur son sac. Son voisin, Charles, lui tient bien haut le journal pour qu’elle puisse le lire. George, debout a cote de Fabienne, s’informe aussi.

08:41
Eh! Vache solitaire et cynique, ne pourrais-tu bouger ce gros derriere pour que je puisse, ether, m’elever en haut de cet escalier mecanique?

08:45
Myriam, dans ses souliers blanc noir et vert et rose, a dechire de belle maniere son jean neuf au niveau des genoux. Elle a les yeux dans la vague des sons de son casque, a peine derangee d’une vibration interieure, interrompue d’un coup de pouce expert.

08:53
Vincent a la tete en touffe serree dans son serre tete.

Dans un couloir, Lhasa est de retour. Plaquee a cote de sleemy, elle adoucit de sa voix envoutante la nouveaute acidulee.

cet escalier exigu est egalitaire.

10 avril 2009

08:19
Besoin de rien ce matin. Juste de me poser. Juste de me laisser transbahuter.

08:21
Transbahute donc, je suis debout au milieu de tous, le regard fixe sur la tete de Paul qui repose sur la paroi, fixe plus precisement sur son oreille. Oreille exhuberante reveillee du printemps, dont le cœur creux s’epanouit dans la production pileuse non controlee. Pensee pour un pauvre ecouteur.

08:27
Petit echange de civilites a vincennes ou la densite dans l’allee rend difficile les mouvements de foule, alors de deux personnes!

La jeune femme au blouson jean blanc s’est endormie la tete en arriere posee sur le haut du siege. J’attends que sa bouche s’ouvre doucement pour commencer a gober des mouches imaginaires.
Dommage. Son telephone vibre et la tire de sa torpeur.

08:33
Malgre ses jambes constellees de points blancs, Beatrice n’a pas l’air malade.

08:41
Je monte l’escalier un peu raide, le nez dans la personne devant moi. A ma gauche, une file indienne dense de sortis de train descend le meme escalier. Chaleur. Attente. Odeurs de pisse. Coinces dans cette lente ascension. Pas d’espace. Reduits a l’humain. Cadre. Chomeur. Femme enceinte. Jeune. Vieux. Egaux. Cet exigu escalier est egalitaire. Egalitaire sur le moins.

08:48
Couloir. Escalier. Schlak des portes. Quai. Hesitation. Sonnerie. Observation des espaces libres. Decision. Course. Blocage par un mouton qui pense etre seul. Main sur la porte au cas ou. Pardon. Pardon. Pied dans la place. Le mouton s’ecarte. Schlak des portes dans mon dos. Parfois on se laisse prendre a ce jeu.