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Masse. Dense. La masse danse.

16 juin 2009

08:19
Le soleil a chasse la pluie. Le bleu a remplace le gris. Et putin c’que ca fait du bien.

Jean travaille. Assis sur l’allee, ordinateur grand format sur les genoux, ses doigts tricote le clavier et envoie des mails comme sa voisine tourne les pages de son gratuit. Depuis sa poche exterieure de veste, un fil noir court jusqu’à ses oreilles. Il est a son bureau. Encore un bureau mobile lance a pleine vitesse dans les souterrains metropolitaines. Jean s’astreint a cette discipline quotidienne. Il regarde et repond a ses mails les plus urgents. Comme ca, il arrive au boulot tranquille. Si rien de grave, il peut aller prendre un cafe tranquille avec son pote Cyril au Balto. Si il y a une urgence, il est au courant et il a lance les premieres actions ou il a le temps de reflechir entre la gare et son bureau. Jean aime bien maitriser. Ne vous fiez pas a son air un peu mou. C’est un dur interieur et il profite de ce cote aborbant et pas trop energique pour amadouer et surprendre. Avant il etait tout le temps deborde et il avait l’impression de subir. Un jour dans le metro, il a dit stop. Pas juste dans sa tete. Fort. Et tout le monde s’est retourne pour le regarder. Il est con celui-la. Il voudrait pas que le train s’arrete non plus? Puis ils sont retournes a leurs pensees quotidiennes et le plaisir d’avoir un truc a raconter au boulot. Depuis ce jour, il maitrise. Pas facile tous les jours. Mais ce sentiment de ne pas subir vaut bien quelques sacrifices.

08:40
Chatelet. Masse. Dense. Masse dense. La masse danse. Lentement. Le croisement des differents courants arrete. Pas de remous. Des suspensions. Des attentes. Enlisement possible. Perte de rythme. Entrainement possible. Maitrise aleatoire. Perte de contrôle. Les plafonds bas se rapprochent du claustrophobes. La foule en concentration etouffe l’agoraphobe. La masse populaire degoute l’aristocrate. Le phenomene dynamique delecte l’observateur ironique.

Je sens respirer la foule et ses mouvements intimes.

26 mai 2009

08:21
Du quai les visages defilent.
Du train les tunnels s’enfilent

Ca claque du talon sur ma droite. Et puis ca s’arrete. Une double voix monte avec des rires. A ma gauche les bruits de blocs s’entrechoquent avec les cris sourds des ouvriers. Les pas legers defilent. Le souffle et le sifflement augmentent. un long glissement maintenant.

08:25
Laure regarde le paysage qui defilent de ses yeux endormis sous un maquillage leger mais net. Son iphone a la main pose sur son grand sac rose, elle se laisse bercer par une musique lente qui va bien aux immeubles aux ponts aux rues aux trains qui passent. Sa longue criniere fauve qu’elle a encore mis 1h a coiffer ce matin lui ondule le dos. Elle est fiere de cette masse. Elle fait partie d’elle. Une fois sa mere avait parle de la couper. Pour qu’elle repousse plus belle ma cherie. Pour qu’elle retrouve son energie. Elle avait refuse net. Qui aurait parle de lui couper un main? Surement pas sa mere. Alors elle avait dit non. Non pour amputer. Non pour diminuer. De toute maniere elle l’avait coupe un jour. Obligee. Operation sur le crane. Le chirurgien n’avait pas trop laisse le choix. Aucun choix. Et ca avait repousse. Une seule photo restait de cette inconnue a sa place. Laure avait disparu quelques mois. Parenthese. Et elle etait revenue. Elle meme criniere au vent.

08:35
Sur le quai de gare de lyon, lise attend son train, les bras croises dans son costume a croisillons.

Carole s’endort, bercee, un casque rose de cycliste sur les genoux, a cote de ses lunettes pendues a son cou.

08:42
Greve legere. Pas pour les galeres du B. Pauvre B si syndique. 60% du trafic. Comptez vous cheminots! Je prends 10 et je retiens 12. Je multiplie par 57 et on obtient 59,8%? Mets leur 60, cocotte. Sinon ca rentre pas.

08:53
La pression ligne 4 se relache et je peux reprendre ma chronique.

2 tourites japonais regardent leurs montres, accroches a leurs billets de train plies et a l’heure qui tourne. Je parie pour Montparnasse.
Gagne.

09:00
Je traverse la foule. Aujourd’hui je la vois claire. Semees de visages que je devisagent.
Parfois je la traverse roi du monde et tous me regardent et tous s’ecartent.
Parfois je la traverse a l’envers. Je butte. Je m’arrete. J’attends et je contourne. Je ne fais pas partie de la foule.
Parfois je la traverse fluide. Liquide se jouant des obstacles. Je la sens battre et je vois, Neo, ses mouvements intimes, dans un ralenti poetique. Rapide, je me glisse dans ces creux millimetriques.