Posts Tagged ‘greve’

Dire pardon doucement en ecoutant Marylin Manson

10 juin 2009

07:27
Ca caille! Ou est la chaleur sechante et morale remontante de la semaine derniere?

07:28
La greve de lundi n’a pas laisse de trace. Elle a ete absorbee. Elle a ete digeree. Ce ne fut qu’un instant. Il est passe. Visiblement. Au fond de chacun des voyageurs, il est venu se deposer delicatement sur la couche des souvenirs. Des souvenirs negatifs. Du ressenti. De l’agacement. Par-dessus tous les precedents. Un de plus. Pas la greve de 2007. Mais un de plus. Pellicule fine de souvenir. Un de plus. Le tas grandit. Lentement. Tres lentement. Mais il grandit.

07:35
Elle ferme le yeux et s’envole. Dans sa veste de cuir retourne, leger moutarde, les cheveux longs serres en arriere par une pince plastique noire, elle ne bouge plus. Elle sert dans ses mains sur ses genoux son lecteur mp3 carre noir brillant. Elle s’est achete un casque senheisser exterieur. Elle n’aime pas les intra-auriculaires. Et puis le son est vraiment meilleur. Elle est d’accord avec son copain que c’est moche. Mais ca vaut le coup pour le son. Et elle qui aime le classique, le premier mouvement de la symphonie numero 25 en sol mineur de mozart est extraordinaire. Le metro s’eclaire. Les tronches de cake des moutons environnants se parent d’un sympathique sourire. Et le monde est beau. Elle n’a jamais fume d’herbe, mais elle imagine que cela doit faire cet effet-la.

07:45
Une fille passe. Un sac a dos dans le dos et un verre a la main. Un liquide transparent.

Capuche bleue sur la tete, la tete rejetee en arriere, le nez au vent, un gros SWOOSH sur le torce, Mike dort.

Gare au loup! Il est en chacun de nous. Rire.

07:50
Comment ne pas parler trop fort avec de la musique plein les oreilles? Dur. Si l’on parle doucement, il est difficile de s’entendre. Dire pardon alors que Marylin Manson crie dans le creux de l’oreille, c’est un peu comme etre aphone. On a fait tous les gestes. Ouvrir la bouche, placer la langue, les cordes vocales, pousser l’air de la trachee, mais aucun son. Alors on monte le volume pour surpasser Marylin. Tout le monde se retourne. On a l’air d’un con. Ce qui devait etre un petit pardon tout simple, entre deux personnes, parce qu’on avait sans faire expres appuye sur le pied de quelqu’un, devient un evenement dans le silence convenu du train.
Une solution est de sentir les vibrations interieures. Celles qui apparaissent quand vous parlez. On y fait souvent pas attention. Mais placez votre main sur votre gorge et dite pardon. Ca vibre. Certains se rappelle surement de pepe boygton (pardon pour l’orthographe) et des ses fous volants. Ils communiquaient dans leur avion avec des capteurs sur la gorge. Donc si vous arrivez a bien sentir cette vibration et a connaître le bon niveau de vibrations de votre volume normal, vous pourrez dire pardon normalement.

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Et je vois la masse qui commence a monter!

8 juin 2009

06:43
Greve! Juste sur le rer A. Pourquoi? On ne sait pas pourquoi. Juste une greve. Aucune raison.

Reveil un peu tot pour mon professionalisme.
A la gare, un ecran jaune plein de jargon incomprehensible nous accueille. Aucune information utile. Aucune information sur l’heure du prochain train. Chance. Je n’attends que 8 minutes. Et je suis dans le train. Il est bien bien charge alors qu’il est tres vide habituellement.
Les gens sont fatigues. Tres fatigues. Changement de population. Peu de costard cravate. Plus de travailleurs manuels.

06:53
Gare de lyon. Plein comme a 8h30!
Message nous annoncant que le trafic est quasiment nul et nous incitant, enfin surtout ceux qui sont toujours sur le quai, a prendre les lignes de metro. Mais le metro ne va pas jusqu’à Poissy!

Sortie. Debout dans le couloir. Coince. Des personnes devant ne bougent pas. Pardon doucement. Pardon plus fort. Quelqu’un me pousse derriere. Je commence a pousser en avant. Pardon pardon! La personne se retourne. Elle est coincee par les personnes qui descendent a partir de l’autre couloir. J’avance. Et je vois la masse dehors qui commence a monter alors que nous sommes encore une dizaine dedans. Je suis sur le pas de la porte. Deux personnes derriere qui me pressent. Aucun passage devant. Je pousse le sac en avant. Quelqu’un crie laissez-les descendre si vous voulez monter? L’idee me traverse que dire si vous ne nous laissez pas descendre vous ne pourrez pas monter est inutile, voir inconscient, car dans ses cas-la, le taux de compression humain est largement superieur a la normale. Alors je fonce dans la foule et je passe. La pression est moins forte apres deux ou trois niveaux, parce que les gens ont moins d’espoir de rentrer. Ouf sur le quai. Je me retourne et je vois mes deux suiveurs qui s’extraient. Difficile. J’ai cru que je repartais jusqu’à Auber.

Je monte l’escalator. Je croise le centre d’information. Peu de monde. Je me presente et je demande la raison de cette greve. Bonjour, c’est parce qu’il y a un probleme entre la direction et un chauffeur. Ok merci et je repars. Je voulais au moins savoir pourquoi je me levais si tot pour etre compresse. C’est fou depuis l’annonce de cette greve, aucune information sur le pourquoi.

07:19
Au calme dans une ligne 12 a peine vide.