Posts Tagged ‘koss’

The Boss dans les Koss. Fort!

9 avril 2009

08:13
Hubert assis, le coude pose sur le rebord de fenetre, la joue calee sur la main, l’autre bras pendant, regarde, la bouche ouverte, la levre inferieure pendante, le petit manege de Fabienne et Luc, qui fouille partout, pour finalement sortir un reste de paquet de mouchoirs papier.

Papier face a nouvelles technos. Le match est terrible. A gauche Julie et Paul, poche en main. A droite, noemie avec sa nintendo ds et Brice, telephone multimedia sous le pouce. Ils ont l’air aussi concentres et absents ailleurs. Egalite.

08:20
Je m’asseois. Face a Sabine. Blancheur a la naissance des cheveux. Nez fin. Orne d’une magnifique excroissance. Je dirai un bouton. Mais un dermatologue de passage trouverait une autre denomination. Fatigue dans les yeux.

Coup d’oeil a Luc qui se regarde dans la vitre, un moment glace dans un tunnel. Il passe sa main sur ses epis geles. Il a l’air content.

Sabine secoue la tete de gauche a droite. Je ne peux voir le sujet de sa denegation. Interieur.

08:26
Le train glisse le long de gare de lyon. A cote d’un gilet jaune, un pantalon de survet vert se rapproche de la porte. Ils iraient bien ensemble.

08:33
Sur le quai face a moi, un trou dans le mur! Une mer dans le trou. Un bateau sur la mer. Besoin d’un cafe.

Carole, jeune fille a pantalon pat def violet. Une plante pousse dans son dos! Besoin d’un second cafe.

Comme ils ne vendent pas cafe dans la rame, dommage, je decide de fermer les yeux et de me laisser bercer par Bruce Springsteen. The boss dans les koss. Fort.

En face de moi, Damien fait de meme. Il ferme les yeux. Blouson de cuir sur survet a capuche. La capuche n’est pas sur sa tete. Heureusement parce que sinon il se faisait pecho par alliot-marie. Et je ne vous parle pas s’il avait eu une cagoule.

08:45
Quai. Arrive du train. Ouverture des portes. Un carre vide. Course categorie feminine vers l’espace. L’eden. 3 par la porte droite. Deux par la gauche. Une ennemi. Chaise musicale. Aucun regard. Aucun mot. Remplissage. Assayage. Sourires. Interieur! Deception de la 5e qui n’avait pas trop l’air d’y croire. Elle reste debout a cote d’un strapontin vide. Espoir.

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Je voyage seul en moi-meme avec mes Koss

7 avril 2009

08:17
Je flotte. Mes pieds ne touchent pas le sol. Je flotte dans un monde cotonneux. Je regarde les moutons facetieux passer devant moi, discuter devant moi, courir, raler. Aucun son. Aucun son ne me parvient. Je ne suis pas sourd. Je vais peut-etre le devenir. Mais je ne suis pas sourd. J’ai mes nouveaux ecouteurs Koss. Assourdissant! Janis joplin est pres de moi et me sussure a l’oreille. Try just a little harder. Je n’entends plus qu’elle. Et les gens autour de moi se deplace sans faire de bruit pour ne pas deranger Janis. Style caprice des dieux. Je suis chez moi. Je suis en moi. Detache du monde. Seul avec moi-meme. Terrible. Je navigue fluide au milieu de cette foule immense et je suis seul. Moment de repos. Moment en suspens. Parenthese. Un moment de douceur dans ce monde de brutes.

Du coup j’ai loupe le message faussement placide du chauffeur sur le rythme de tortue de son train apathique. Finalement pas si grave. Il nous a surement demande de patienter. A nous moutons sardines coinces dans notre boite au milieu d’un tunnel tout noir. Nous sommes patients. Tout le temps. Pas seulement maintenant.

09:03
Marie retardaire mais il n’est jamais trop tard commence le roman trilogique et posthume de Stieg Larson. Ce bloc noir lisere de rouge se reconnaît parmi tous. Elle est accrochee. Comme la majorite. Elle est dans sa parenthese. Cela vaut tous les Koss du monde. Elle est ailleurs. Un coup a louper sa station.

09:12
Je m’asseois a cote de Maryse et son sudoku electronique. Je ne sais plus si elle s’appelait comme ca la premiere fois. Rigolo cet engin qui semble sorti d’un autre age.

Devant Fabienne brune a longues jambes satinees d’un collant noir surmontees d’une mini jupe plissee. Petites ballerines. Cheveux courts. Ecouteurs. Gros pulls col roule bleu ciel. Visage fatigue. Frequents regards sur la montre. En retard. Putin encore en retard. Que va dire ce petit con de Bertrand? Ce chef. Rien. Juste un chef. Tout ca a cause de cet imbecile de Jean. Son mari. Il decouvre ce matin que sa chemise fetiche pour son rendez vous de ce matin n’est ps repasse. Cri. Hurlement. Fabienne! C’est quoi ce bordel! Ma chemise. Quoi ta chemise? Elle est pas repassee. Et alors? Et alors j’ai un rendez-vous ce matin et je dois mettre cette chemise tu le sais pourtant. Elle aurait pas pu lui apprendre a repasser sa mere au lieu de lui chercher une boniche. Trop conne. Je suis trop conne.