Posts Tagged ‘ligne 4’

d’un coup bien place, il repoussa l’assaillant.

9 février 2009

08:14
Sur le quai, sur son ecran bleu, le train repondant au doux nom de Xuti fait du yoyo sur les minutes. Il doit arriver a 08:18. Puis non 08:19. Hop desole 08:18 . Et a 17, il approche. 1 minute ce n’est rien evidemment. Cela ne change ni la duree du trajet ni surtout la face du monde. Si l’on compte en minutes. Mais si l’on compte en nombre de voyageurs en plus sur le quai par minute, on obtient ce qui fait qu’une minute est precieuse pour un voyageur quotidien. A certaines heures, il peut arriver sur un quai en 1 minute de quoi remplir le quart d’un wagon. Alors quand le retard est de 4 minutes, il est rare que les voyageurs qui arrivent sur le quai soient aussi en retard de 4 minutes.

Maryse et jacqueline la cinquantaine tassee se racontent des betises assises sur leur siege. Paul en face sourit de ces faceties quinquagenaire.

Flux. Deplacement. Retournement. Je quitte les filles pour le carre d’en face. Quatre filles calmes et solitaire. Jeanne profite de sa demi-heure de train pour decrypter l’actualite des stars et se tenir a niveau pour les discussions de cafe avec ses collegues. Catherine profite pour dormir et recupere de la nuit qu’elle a passe a consoler son fils et son otite. Si Jean voulait bien se reveiller un peu! Fabienne profite pour dormir et recupere de la nuit qu’elle a passe avec Denis. Oh putin la nuit! Nadine profite pour lire son livre. Elle n’en ait qu’a la 27eme page depuis 1 mois, mais avec son nouveau boulot, elle n’est plus capable de rien faire le soir que de s’affaler devant la tele avant de sombrer.

08:32
Gare de lyon. Au croque-mie, bar central visible depuis le train, toutes les tables sont pleines de gens venus boire leur cafe ou le petit blanc sans lumiere. J’ai encore du mal a comprendre.

Ce matin est calme dans le A. Debout mais pas intime.

Sur la 4 a chatelet le train ne se vide jamais.
Toutes les 3 minutes il amene son tombereau de voyageurs presses. En attendant le suivant se quai se remplit de moutons pas egares. Que faire? Que faire? Attendre le vide. Monter dans le plein. La quai a l’air de se remplir de plus en plus vite. Les trains d’arriver de plus en plus lentement. L’incompatibilite de mœurs entre le train et le quai est patente. Je decide de monter et je suis a present coince entre un gros sympathique et une frele fragile et contre la porte. Premiere station. Petit regard. J’ouvre la porte. Je descend pour laisser descendre sans me faire deborder par les nouveaux du nouveau quai. Ca repart. Chacun en soi. Chacun sur son centimetre carre en essayant de ne toucher personne. Malgre ce train qui bouge. Seconde station. Meme manege. Je deviens stratege a etre gentil avec celui qui descend et impitoyable avec ceux qui veulent monter avant moi. Moi le premier crie-je d’une voix forte! Non! Non! Me repondent-ils en poussant mon corps en avant mais a cote de l’ouverture. D’un coup de coude bien place je repousse le plus pres, qui s’ecroule dans le second. Et dans le troisieme. La sirene retentit. Les portes referment leurs machoires et je me glisse peremptoire a l’interieur du wagon sous les yeux meduses des autres voyageurs qui regardent les trois odieux personnages le cul sur le quai et les yeux en rage. Folle sequence et petit plaisir de mon esprit malade.

Neige, Maryse, pellicules, ligne 4 et calme

6 janvier 2009

Neige glacee glissade assuree. Tete sans bonnet oreilles gelees. Le parisien decouvre le froid. Le parisien decouvre la neige. Et les trains roulent!
Nous sommes dans un transiberien qui traverse les steppes enneiges. Mince une gare. Le train va trop vite ce matin pour rever ce blanc paysage.

Je regarde Maryse. Mon regard a ete attire par le mouvement de ces mains. J’ai cru qu’elle etait sourde. Mais non. En face d’elle sa copine sarah, emmitoufle dans plusieurs couches de vetements, ne bouge pas si ce n’est un leger hochement de tete sporadique pour approuver. Joli contraste.

Odeur de nourriture. Mon voisin finit son petit dejeuner a meme le sachet avec une avidite qui ne dit pas si elle est plaisir ou desir d’en finir avec cette corvee sustentatoire.

Sous mes yeux, toujours pas assis, personne dans les carres environnants ne pense a sortir, trop bien dans la chaleur tropical de cette rame, sous mes yeux donc, marie parcourt ses notes prises sur du papier d’ecolier. Illisible. Pire que la mienne. Encore plus sous mes yeux, ses jolis cheveux recouverts de pellicules. Surprise. A bien y reflechir on ne se rend pas bien compte qu’assis nous offrons un des profils que nous voyons le moins, auquel nous faisons le moins attention. Aaaah! Rien que d’y penser c’est horrible. Demande express d’invention de miroir pour le dessus de la tete. Et je regarde les autres tetes. Un beret plein de peluches. Un crane chauve du dessus avec un cheveu qui a pousse en plein desert. Des cheveux qui s’epient. Au final pas si catastrophique que l’exemple premier.

Les mains de Maryse continue d’agiter l’air. Sans le son c’est rigolo. En plus Maryse elle a le visage expressif. Il reve il jalouse les mains qui sont libres de mouvement seulement rattachees par les poignees. Le visage il a beau se tordre, la bouche remonter, les yeux se plisser, ils sont toujours sacrement colles scotches.

Incident termine ligne 4. Quai plein ligne 4. Je trouve refuge dans un des couloirs d’acces. Je ne sais dans quelle inconscience sont les gens au bord du quai. Un hop, un mouvement et tous au fond. Vive les couloirs. Sur le quai, ca boit du cafe, ca mange du croissant. Un aveugle passe canne blanche en avant, suivi par une handicapee en bequilles rouge. Le train arrive. Doucement. Le train degorge. Le train engorge. Le quai est toujours plein. Le train repart. Le quai est encore plus plein. Aucun message. Meme pas un merci de patienter. Il faut prendre une decision. Contourner ou attendre un peu. Mais le prochain train est indique dans 3 minutes. C’est long pour un quai qui se remplit indefiniment. Je propose un message le quai ne prend plus de voyageur.
Bon allez je degage. Cela devient malsain. Cela commence faire peur. Foule. Attente. Vide. Tension Le rythme des trains ne s’ameliore pas. Intervalle de 3 minutes. Trop long.
Atterrissage controle sur la 1. Pleine. Attente de la rame suivante. 1 minute. Facile. Ils devraient faire des echanges.
Pas l’habitude. Je fais connaissance avec mon voisin lors de l’acceleration du demarrage. Je comprends pourquoi il n’y a qu’une minute entre 2 rames.
Devant moi a present un eskimo potiron. Impossible d’ecrire.

Stabilite espace respiration a Concorde.
C’est drole les bancs sont replies. Ce sont des modeles de banc avec de longues lattes et quatre pour l’assise, mais les deux a l’avant du banc qui soutiennent juste sous les genoux sont repliees sous les deux premieres, celles sous les fesses. Esthetisme ou norme anti clochard. Je penche avec regret pour la seconde.

C’est calme une rame. Si vous n’avez pas deux collegues qui se racontent leurs vacances, ou une dame qui discutent avec sa copine au telephone, ou un rigolo qui se force a se crever les tympans, a part tout ca, personne ne parle. Pas un bruit humain.

Un homme se tient debout avec son casque a la main sa veste coquee sur le dos. Un motard egare par temps de neige. Un prudent. Ou un accidente.