Posts Tagged ‘loukoum’

L’effervescence du G20 n’est pas parvenue jusqu’ici.

3 avril 2009

07:32
Par un hasard assez rare, je retrouve mon loukoum de gare.
A cote de lui s’asseoit Jeanne, la cinquantaine dans son blouson blanc etrique. Ses cheveux tires forts vers l’arriere laissent paraître 2 boursouflures acneiennes dont elle a l’air de se preoccuper autant que de son chat. Elle sort un petit cahier de sudoku. Deux par pages. Elle finit celui de la veille et attaque dereuchef le suivant. Le 25. La technique a l’air propre. Inscription rapide des 2.

07:40
Je leve les yeux. Il fait encore nuit. Non! C’est le tunnel. Il faut que je me reveille avant chatelet.

Le train est calme ce matin. L’effervescence du g20 n’est pas parvenue jusqu’ici, a un eurostar de distance. Nous, le yes we can, c’est tous les jours. Yes we can aller jusqu’à notre travail.
Yes we can contourner une panne electrique a gare du nord.
Yes we can supporter un accident grave de voyageur a chatelet.
Yes we can rester une heure dans une boite de sardine sans nous mettre sur la gueule.
Yes we can etre economes.
Yes we can etre verts.
Yes we can faire tout ca sans qu’on nous verse 1000 milliard.
Vous allez rigoler! Pour etre tout cela tous les jours, nous ne sommes pas payes. Nous payons! Grand rire chez les traders.

07:58
Le train est bizarrement calme ce matin. Il est surtout vide.
Une bigotte maigrichonne, le menton en avant, lunettes sur le nez et tout de noir vetue, monte, legere dans le wagon.

08:05
Le vide continue. Bientôt ce sera yes we can etre seuls.

Sur le mur s’etale une barbie brune lassive dans un grand foureau noir. Elle va Tres Bien Merci grace aux TBM. Son voisin mural court nu de chez nu. Il a tourne un peu Mad grace a la Madeleine qui le montre la chair sur les os. Pas de peau. Lequels des deux commercialise le plus son corps.

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Le gilet jaune se releve et un peu trop presse glisse sur un de ses propres pepins.

1 avril 2009

07:13
Je m’asseois rapidement, content d’avoir attraper ce train. Son prochain copain n’arrive que dans 8 minutes. Devant moi s’etale un loukoum gris. Il deborde avec tenue. Plus loin sa copine fraise tagada schtroumpf discute avec une copine.
Au fond du wagon une autre friandise se vautre sur les fauteuils. Un bruit sourd. Je me retourne. Un strapontin vient de ceder sous la masse d’un chamallow rose qui lit Harry Potter. Deux frites, verte et violette sont en train d’essayer de le relever. Elles ont du mal avec leurs petits doigts plein de sucre qui glissent. A ce moment le train arrive en gare. Les portes s’ouvrent. Le ciel s’assombrit. Le quai disparaît. Un gilet jaune s’ecrase sur la porte opposee avec un bruit de citron qu’on ecrase. Un cri lourd remplit le wagon. Une boule de gomme fluo toute maquillee est coincee dans les portes. Elle a essaye de rentrer trop vite et n’a pas joue de ses rondeurs elastiques pour passer. Le gilet jaune se releve et un peu trop presse glisse sur un de ses propres pepins, surement ejecte sous le choc. Il part la tete la premier droit sur le chamallow enfin releve. Celui-ci absorbe le choc et le gilet, mais desequilibre fait un pas en avant, cogne dans un mur et rebondit sur la boule de gomme. Un grand bruit de succion. Un appel d’air. La lumiere fuse. Sur le quai un groupe de reglisses italiens se sont precipites et essaient de comprendre ou commence la boule de gomme et ou finit le chamallow. Je crois qu’ils devraient essayer avec une point de jaune se debat au milieu. Le signal. Les portes se referment. Le loukoum me regarde et soupire. Un nuage de sucre s’envole.