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les rebelles sont ko, mais les blondes assurent avec Apple

2 février 2009

Neige! Neige! Chef. Ya d’la neige partout.

Le train precedent avait patiente quelques minutes sur le quai le temps de se gonfler de voyageurs trop presses. Trop presses pour attendre le suivant pourtant deja annonce a l’approche. Il a mis du temps le suivant, mais clopin-clopant il est arrive. Nous sommes montes dans ce grand train plein d’espace debout. Il s’est repose un peu. Beaucoup. Et il est reparti. Pepere. Comme les voitures sur les routes recouvertes de neige glacee. Elles si lapins n’etaient que tortues ce matin.
Une petite pensee pour les rebelles dans la file d’attente de l’unique automate en marche de la gare. Une file pour avoir une carte navigo. Rebelles parce qu’ils auront resiste jusqu’au dernier jour. Pour rien. Individuels et seuls. Ce ne sont pas des armes pour lutter contre les nouveaux moyens. On peut les trouver bons ou mauvais. Mais on ne lutte pas seul contre la Reine des Automates et des Traces Partout. Ce matin ils etaient ensemble les rebelles solitaires. Ensembles mais penauds.

Paul revise la fiche du nouveau poste qu’il va avoir au Ministere. Il etale sur ses genoux costumes son dossier a plusieurs parties. Fiche de poste. Organigramme. Facturation avec les autres services. Il est un peu derange par marc qui quelques places plus loin dialogue d’une voix energique avec un grand nombre de personnes dans une langue que ni Paul ni moi ne comprenont.
Animation dans le wagon.

Le jour ou quelqu’un se decidera a faire des revisions (de vraies revisions!) sur les rames, je me permets de conseiller de commencer en premier par les freins. Ceci permettra des arrets en douceur a la place de ces petits coups secs qui s’amusent a tester notre equilibre. Important? Bien sur. Perte d’equilibre. Chute. Blessure. Voyageur malade. Arret du train. Bourrage de la ligne. Ou sinon, secousses incessantes. Mal de mer. Mal au cœur. Vomissiture. Autres mal au cœur. Autres pizzas. Odeurs! Et ainsi de suite jusqu’à bourrage de ligne.

Est-ce qu’un gars, comme Maxime devant moi, en costard cravate et la jolie echarpe multicolore du cadre, parce qu’il porte des moufles noires avec un joli lisere orange en haut est un mec pratique parce que les moufles c’est sur c’est plus chaud ou un gros plouque parce que ca fait vraiment naze, ca manque d’elegance et ca ne va pas avec l’uniforme sus nomme? Je dirais les deux. Le pratique ne va pas obligatoirement avec l’elegance. Et je ne saurais donner un avis sur lequel est a privilegier.

Dans les couloirs humides, une dame passe a cote de moi a vitesse maximale, tapotant le sol mouille de dix centimetres de talon, trainant une valise de cabine metalisee. J’avoue. J’ai regarde si elle ne se plantait pas.

Une blonde tout de noir vetue tapote de ses doigts manucurees l’ecran de son iphone argente. Son air un peu gourde et sa capacite apparente a se servir de cette merveille de technologie sont les preuves indiscutable de la suprematie d’Apple sur l’ergonomie.

Il a ose! A quelques pas de moi, de l’autre cote d’un carre assis, un dos s’affiche d’un carre orange en haut et d’un gros ‘la fibre’ en dessous et plein dos.

Neige, Maryse, pellicules, ligne 4 et calme

6 janvier 2009

Neige glacee glissade assuree. Tete sans bonnet oreilles gelees. Le parisien decouvre le froid. Le parisien decouvre la neige. Et les trains roulent!
Nous sommes dans un transiberien qui traverse les steppes enneiges. Mince une gare. Le train va trop vite ce matin pour rever ce blanc paysage.

Je regarde Maryse. Mon regard a ete attire par le mouvement de ces mains. J’ai cru qu’elle etait sourde. Mais non. En face d’elle sa copine sarah, emmitoufle dans plusieurs couches de vetements, ne bouge pas si ce n’est un leger hochement de tete sporadique pour approuver. Joli contraste.

Odeur de nourriture. Mon voisin finit son petit dejeuner a meme le sachet avec une avidite qui ne dit pas si elle est plaisir ou desir d’en finir avec cette corvee sustentatoire.

Sous mes yeux, toujours pas assis, personne dans les carres environnants ne pense a sortir, trop bien dans la chaleur tropical de cette rame, sous mes yeux donc, marie parcourt ses notes prises sur du papier d’ecolier. Illisible. Pire que la mienne. Encore plus sous mes yeux, ses jolis cheveux recouverts de pellicules. Surprise. A bien y reflechir on ne se rend pas bien compte qu’assis nous offrons un des profils que nous voyons le moins, auquel nous faisons le moins attention. Aaaah! Rien que d’y penser c’est horrible. Demande express d’invention de miroir pour le dessus de la tete. Et je regarde les autres tetes. Un beret plein de peluches. Un crane chauve du dessus avec un cheveu qui a pousse en plein desert. Des cheveux qui s’epient. Au final pas si catastrophique que l’exemple premier.

Les mains de Maryse continue d’agiter l’air. Sans le son c’est rigolo. En plus Maryse elle a le visage expressif. Il reve il jalouse les mains qui sont libres de mouvement seulement rattachees par les poignees. Le visage il a beau se tordre, la bouche remonter, les yeux se plisser, ils sont toujours sacrement colles scotches.

Incident termine ligne 4. Quai plein ligne 4. Je trouve refuge dans un des couloirs d’acces. Je ne sais dans quelle inconscience sont les gens au bord du quai. Un hop, un mouvement et tous au fond. Vive les couloirs. Sur le quai, ca boit du cafe, ca mange du croissant. Un aveugle passe canne blanche en avant, suivi par une handicapee en bequilles rouge. Le train arrive. Doucement. Le train degorge. Le train engorge. Le quai est toujours plein. Le train repart. Le quai est encore plus plein. Aucun message. Meme pas un merci de patienter. Il faut prendre une decision. Contourner ou attendre un peu. Mais le prochain train est indique dans 3 minutes. C’est long pour un quai qui se remplit indefiniment. Je propose un message le quai ne prend plus de voyageur.
Bon allez je degage. Cela devient malsain. Cela commence faire peur. Foule. Attente. Vide. Tension Le rythme des trains ne s’ameliore pas. Intervalle de 3 minutes. Trop long.
Atterrissage controle sur la 1. Pleine. Attente de la rame suivante. 1 minute. Facile. Ils devraient faire des echanges.
Pas l’habitude. Je fais connaissance avec mon voisin lors de l’acceleration du demarrage. Je comprends pourquoi il n’y a qu’une minute entre 2 rames.
Devant moi a present un eskimo potiron. Impossible d’ecrire.

Stabilite espace respiration a Concorde.
C’est drole les bancs sont replies. Ce sont des modeles de banc avec de longues lattes et quatre pour l’assise, mais les deux a l’avant du banc qui soutiennent juste sous les genoux sont repliees sous les deux premieres, celles sous les fesses. Esthetisme ou norme anti clochard. Je penche avec regret pour la seconde.

C’est calme une rame. Si vous n’avez pas deux collegues qui se racontent leurs vacances, ou une dame qui discutent avec sa copine au telephone, ou un rigolo qui se force a se crever les tympans, a part tout ca, personne ne parle. Pas un bruit humain.

Un homme se tient debout avec son casque a la main sa veste coquee sur le dos. Un motard egare par temps de neige. Un prudent. Ou un accidente.