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Le calvaire du penitent metropolitain

12 mai 2009

Le calvaire du penitent metropolitain. Pluie et chaleur. Je dois proteger mon costume d’une veste de pluie. Mais deja en marchant jusqu’à la gare, j’ai trop chaud, alors rien qu’en pensant a l’ambiance tropicale de la boite a sardine, je me fais d’avance une petite suee intra chemisale. J’attends le train sur ce quai ou la pluie ruisselle car maligne elle se faufile tortueuse jusqu’à tomber vertigineuse a mes pieds deja humides.

08:27
Coince dans l’allee, ce qui est deja un exploit, je regarde la pluie qui s’abat sur les fenetres fermees. Jusqu’à Vincennes, le fait d’etre a l’exterieur, bonheur en ete, est un cauchemar en hiver. Les personnes assises a cote des fenetres ne veulent jamais qu’on les ouvre.

Sous mes yeux ebahis, Margaux, imper bleu nuir sur une chemise rose pourpre, est plongee dans un dictionnaire Larousse de lilliputiens. Sur la tranche est ecrit Margaux. Elle s’en sert pour ses mots croises. Elle va descendre puisqu’elle vient de ranger ses ustensiles.

Au loin, une nouvelle perche se detache. Grande. Immense. Elle surpasse la foule de sa criniere sale. Comme hier en degrade de gris, celle-ci en plus arbore une paire de lunettes a monture rouge et une masse graisseuse proche de zero si l’on se permet d’admettre que ses os saillants sont assez peu lipidiques.

08:42
Atelier lecture sur 2 metres carres. Une bible. Un roman. Un cours de sciences sociales. Un gratuit.
Le gratuit s’enfuit. Je le remplace en vituperant interieurement sur le nain ergonomique qui a servi de reference pour faire cette zone de repli litteral sur soi. Je regarde la foule dense et verticale en suant comme un porc et je me demande si je ne serais pas mieux en station… position debout. Serre certes. Mais deplie!

08:55
Par la porte ouverte, Mastroianni me regarde depuis le bon marche. J’aurais prefere que ce fut sa fille Chiara. Autre station autre regard. Cette fois-ci c’est un crocodile. Ok ok je me contente du pere.

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reculez vos sacs et vos pieds et tout autre appendice proeminent de la porte

16 avril 2009

07:59
La pluie cristaline a parseme mon costume de perles fines.

Je monte. Des places parsemees s’offrent vides a mes yeux. Vive les vacances. Je choisis le cadre costume et son balai coince. Beau costume gris a fin lisere cadrille rose sur chemise rose avec cravate rayee oblique rose noir et gris. Ses mains delicates aux poignes maigres se serrent posees entre ses jambes. Contact avec les miennes. Sourires tout va bien.

Au loin le petit point jaune clignote sur la grande ligne rouge. C’est la prochaine gare. C’est la nation reconnaissante au murs sieges bordeaux.

Apercu, entrevue d’une ancienne connaissance d’un ancien travail. Bizarre de ne pas en croiser plus.

08:18
Envahisseurs gare de lyon. Une miniature indienne prend la place du cadre. Sentiment d’espace. Tout le monde grandit. Mais petit c’est bien!

Dans le 4, je suis contre la porte. Secousses et massage des omoplates. Gestion de la porte. Garcon d’etage. Saint-michel. Messieurs-dames. Ouverture de la porte. Pas de mouvements. Pardon. Pardon. Une voix dans le fond se rapproche. Trop tard madame. Je suis en train de refermer la porte. Mais!. Pas de mais. Trop tard. Si on perd une seconde en station, on perd… Je sais dit la dame. Je veux juste descendre. Plaisir du pouvoir facile. Non. Punto.

08:30
Un crane orne d’un casque se penche sur ses mots croises.

Un homme bouge. Il decouvre un rond multicolore ou est ecrit ‘au signal sonore je m’eloigne des portes‘. Je sais que j’en ais deja parle, mais ca me fait toujours rire. Si le probleme est pour les gens a l’interieur qui gene la fermeture des portes au moment du signal sonore, il vaudrait mieux ecrire ‘reculez vos sacs et vos pieds et tout autre appendice proeminent de la porte‘. Les gens ne pensent aux autres mais d’abord a eux-meme.