Posts Tagged ‘sudoku’

souvenirs nauseeux de mes nuits blanches etudiantes.

8 avril 2009

07:14
Paul, Lafuma rouge vif, jean et chaussure noir, porte son stylo a la bouche. Reflexion souple. De l’autre main il tient un magazine plie en deux. Mots croises. Sudoku. Mots fleches. Impossible de voir sans etre indiscret. La seule chose sure est qu’il doit suivre avec souplesse les soubresaux du train.

07:18
Vincennes. Ils sont tous la alignes contre le mur. Poses diverses. Mais reconnaissables entre tous. Regardez les ces lointains cousins. Cools. A l’aise. Detendus. Ils profitent de l’espace. Ils ne vont pas dans le sens commun. Rebelles? Ce sont les travailleurs en dehors de Paris qui habitent Paris. Ils vont dans le sens inverse. L’avenir?

07:23
Le choc. Gare de lyon en moins de 10 minutes. A deux dans un carre de 4.

Pub avendrealouer.fr. Un site priceminister comme indique. Dans un petit encart a bord, un compteur nous annonce qu’il y a 3872 annonces immobilieres a visiter sur ce site. Je m’imagine le p’tit gars qui vient changer la pub a chaque fois que le nombre change. Ben si! Sinon c’est de la publicite mensongere. Ok s’il y en a plus, ca va. Mais moins?

07:30
Je m’asseois sur le strapontin. Aussitôt une douce chaleur irradie mes fesses. Strapontin chauffant? Rigolo mais un peu inutile. Je ne sais pas qui a le feu au cul a ce point!

Odeon. J&B m’aveugle. Sur le quai d’en face tous les panneaux ont la meme pub pour cette celebre marque de whisky. Souvenirs nauseeux de mes nuits blanches etudiantes. Souvenirs pateux de la bouche au reveil. Retour brutal de si bon matin. Je regarde. Je ne vois aucune jeune fille qui distribue des echantillons. Les temps ont change.

07:40
Jacques etale sa carcasse deglinguee usee sur deux strapontins. Le sourire a la commissure des levres, il regarde le monde puis se leve pour descendre. A sa place une puce tronche triste pose delicatement son fondement propre sur un des strapontins. Aussitôt elle replie ses petits bras sur son sac bleu petrole. Ses pieds touchent a peine par terre.

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Je voyage seul en moi-meme avec mes Koss

7 avril 2009

08:17
Je flotte. Mes pieds ne touchent pas le sol. Je flotte dans un monde cotonneux. Je regarde les moutons facetieux passer devant moi, discuter devant moi, courir, raler. Aucun son. Aucun son ne me parvient. Je ne suis pas sourd. Je vais peut-etre le devenir. Mais je ne suis pas sourd. J’ai mes nouveaux ecouteurs Koss. Assourdissant! Janis joplin est pres de moi et me sussure a l’oreille. Try just a little harder. Je n’entends plus qu’elle. Et les gens autour de moi se deplace sans faire de bruit pour ne pas deranger Janis. Style caprice des dieux. Je suis chez moi. Je suis en moi. Detache du monde. Seul avec moi-meme. Terrible. Je navigue fluide au milieu de cette foule immense et je suis seul. Moment de repos. Moment en suspens. Parenthese. Un moment de douceur dans ce monde de brutes.

Du coup j’ai loupe le message faussement placide du chauffeur sur le rythme de tortue de son train apathique. Finalement pas si grave. Il nous a surement demande de patienter. A nous moutons sardines coinces dans notre boite au milieu d’un tunnel tout noir. Nous sommes patients. Tout le temps. Pas seulement maintenant.

09:03
Marie retardaire mais il n’est jamais trop tard commence le roman trilogique et posthume de Stieg Larson. Ce bloc noir lisere de rouge se reconnaît parmi tous. Elle est accrochee. Comme la majorite. Elle est dans sa parenthese. Cela vaut tous les Koss du monde. Elle est ailleurs. Un coup a louper sa station.

09:12
Je m’asseois a cote de Maryse et son sudoku electronique. Je ne sais plus si elle s’appelait comme ca la premiere fois. Rigolo cet engin qui semble sorti d’un autre age.

Devant Fabienne brune a longues jambes satinees d’un collant noir surmontees d’une mini jupe plissee. Petites ballerines. Cheveux courts. Ecouteurs. Gros pulls col roule bleu ciel. Visage fatigue. Frequents regards sur la montre. En retard. Putin encore en retard. Que va dire ce petit con de Bertrand? Ce chef. Rien. Juste un chef. Tout ca a cause de cet imbecile de Jean. Son mari. Il decouvre ce matin que sa chemise fetiche pour son rendez vous de ce matin n’est ps repasse. Cri. Hurlement. Fabienne! C’est quoi ce bordel! Ma chemise. Quoi ta chemise? Elle est pas repassee. Et alors? Et alors j’ai un rendez-vous ce matin et je dois mettre cette chemise tu le sais pourtant. Elle aurait pas pu lui apprendre a repasser sa mere au lieu de lui chercher une boniche. Trop conne. Je suis trop conne.