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la tempete m’envole, mais l’hotesse me fait patienter

10 février 2009

08:20
Je prends le risque. Avec une dame que je ne connais pas, nous avons decide de prendre un risque. Attendre 2 minutes le prochain train. Celui devant nous est presque plein et nous sommes avides de notre confort. Tentons. Tentons. Pousse par le vent de la tempete, notre train sera rapide. D’un petit souffle le vent de l’ouest l’enverra dans le tunnel et tel un boulet dans un canon, il arrivera a chatelet sans effort. De l’ouest? De l’ouest? Je crois que j’ai rate un point. Mon train traverse Paris d’est en ouest. Le nez dans le vent. Rate. Il va falloir ramer.

Chanel dans les cheveux, sommeil dans les yeux, nez refait au vent, jacqueline dodeline de la tete. Elle se demande ce qu’elle fait la, avec ses gants roses elegants. Que fait-elle au milieu de ces manants? Ca etait si dur de se retrouver bloque au tourniquet. Comme une voleuse. Elle avait oublie depuis longtemps qu’il fallait un ticket. En colere et genee, elle ecoutait tous ces bips qui l’accusaient.

Tututu. Vote attention. Votre train est momentanement maintenu en gare. Il redemarrera dans quelques instants. Message approximativement retranscrit. Message diffuse d’une voix d’aeroport. Message sans interet. Premierement parce que nous sommes dans un train. Secundo parce que nous n’allons pas partir. Nous voudrions juste savoir le putin! de probleme que la Riche Administration du Temps Perdu va encore pouvoir inventer.

Au loin, trois carres devant moi, jeanne parle seule. Ses levres remuent et sa tete bouge. Mais sa voisine en face, de dos pour moi, ne suit pas le mouvement. Observation. Pas de trace d’oreillette ni de fil depuis l’oreille. Serait-elle vraiment folle? Tout a coup se leve une feuille au bout de sa main. Elle revise. Elle repete. Dans sa tete. Avec sa tete et un peu avec ses levres. Ouf! Elle etait trop mignonne.

08:39
Excusez moi. Ca traine a cause de l’affluence des voyageurs. En fait ca bouchonne vers Paris. Contraste saisissant. De la voix. Du ton. Du vocabulaire. Nous sommes loin de l’hotesse de l’air. Un peu trop les pieds sur terre. Mais c’est beaucoup plus sympathique. Meme si ca n’arrange pas nos affaires. Sur ratp.fr ils parlent plutot d’un voyageur malade. Rien d’incompatible. Une trop grande affluence de voyageurs malades est nuisible au traffic.

Paul sous mes yeux de ses gros doigts de paluche manipule avec finesse les touches minuscules de son blackberry de compet.

Devant moi point d’espace. L’air est rare dans ce train qui part. Sur le quai je me delace. Je profite de ce temps pour rhabiller mes tourments. De suite le suivant se glisse devant moi, rien qu’a moitie plein, et comme un salut respectueux s’arrete devant moi et s’eteint. Reve de grandeur. Reve eteint par la voix du conducteur qui freine vite l’ardeur de quelques moutons endormis qui voudraient monter dans ce train alors que du tunnel son cul n’est point sorti. Dommage. Il est en fait plein et je le laisse repartir. Le suivant est plus rapide bien qu’aussi plein. Il charge ce qu’il peut et laisse vite sur le quai les quelques complexes du confort pour se soulager et se nourrir à la station suivante.
Le confort ayant ses limites de temps, je me decide a prendre le suivant.

Elle, sur fond rouge, me promet de gagnez dix ans sans perdre mon naturel. Mais ne serait-ce pas contre nature d’avoir l’air naturel avec 10 ans de moins?

A cote de moi, une femme d’un certain age, voir d’un troisieme, joue, assise, avec une console archaique au milieu d’un faux manteau de fourrure, pardon d’un manteau de fausse fourrure. Elle a du la retrouver dans les cartons de son fils age aujourd’hui de 43 ans.

zara, septieme ciel et new-york depuis un tunnel.

16 janvier 2009

08:11
Choc. Le prochain train est a 08:21. Drole. Les suivants sont a 08:22 et 08:23. Ils ont decide de rouler en bande ce matin.
-eh xuti!
-ah coucou les sœurs jumelles zara et zara.
-on roule ensemble? Tu nous attends?
-ok. Je vais ralentir un peu. Tout de facon ya un acte de malveillance devant. Donc facile.
-cool…

Les gens arrivent sur le quai endormis, arrivent devant l’ecran, levent les yeux, s’arretent. Etonnes. Choppent le truc bizarre. Soupirent et vont s’installer au bord du quai a leur place habituelle.

Deuxieme train qui passe dans l’autre sens depuis que je suis arrive. Une des 2 sœurs zara a disparu. Apparemment elle a retrouve la 3eme a 08:30.

08:21
Allez ce matin je parie sur le suivant dans 2 minutes. Pari facile. Impossible de monter. Les quotas de compression ont ete atteints.
Zara approche et xuti part difficilement.
Zara approche toujours. Sans cesse.
Pari gagne.

08:26
Zara m’emporte. A la vitesse d’un escargot cul de jatte.
Jean et caroline sont amoureux. Assis cote a cote. Ils se tiennent la main. Il dessine de petits signes avec son doigt sur le dos de la sienne. Elle le regarde comme un pretre regarde dieu. Entierement. Il lui parle. De tout et de rien. Elle sourit. Elle rigole. Elle remonte des cheveux ondules chatain roux d’une main experte. Embrasse son cou. Sourire beat. Desole les filles je ne vois pas bien. Il est assis devant moi et je ne vois que le haut de son crane. Sans pellicule. Les mains se resserrent. Elles se font plus pressantes sur sa jambe. On sent l’envie. Putain c’est quoi tout ces gens mon amour. Mais nous sommes seuls. Seuls. Ils ne sont pas la. Ils ne sont que spectateurs de leur interieur. Touche moi. Embrasse moi. vibre moi. Elle lui mordille l’oreille. Sylvain et maryse sur les sieges d’en face lisent. Ils ecoutent cet amour cette passion les yeux rives lui sur le monde, elle sur son livre. Ils travaillent ensemble depuis 1 an. S’observent a coup d’oeil derobes. Se disent bonjour dans le couloir et devant la machine a cafe. Hier jean a ose inviter caroline a sortir. Cinema. Resto. Je peux monter. Bisage. Montage ascenceur et 7eme ciel. Et ca continue ce matin. Cafe. Douchage. 7eme ciel. Et merde faut vraiment qu’on y aille. Oh! Embrasse moi encore.

08:49
Chatelet n’est plus tres loin.
Ca bouquine. Journale. Sudokute. Oui encore un peu. mp3ze beaucoup. Videoze un peu.
Arret complet dans le noir d’un tunnel qui nous renvoie sur la vitre notre propre attente notre propre masse, notre troupeau de moutons. Aucun message. Aucune clostrophobie. On ne voit rien. On ne sait rien. Le monde disparu au dessus de nous? Un train nous fonce dessus? Le silence est la. Le noir autour de nous. Au moins dans l’airbus de new york qui a amerri hier sur l’hudson, ils avaient un paysage. La mer. New-york! On verrait la mer du fond de notre lassitude, ce serait autre chose. Ok ils ont vraiment flippe. Ok ils ont cru mourir. Mais ils ont quelque chose a raconter. Petit demarrage et arret sec pour nous reveiller avant l’arrivee devant la foule carnassiere de chatelet. Ne poussez pas il n’y en aura pas pour tout le monde.